Démarche artistique

Ma peinture naît d’un temps d’arrêt.
Avant le geste, il y a l’observation. Avant la couleur, il y a l’écoute.

Je travaille à partir du territoire du Luberon, non comme un paysage à représenter, mais comme une présence à habiter. Les lieux, les gestes simples, les activités ancestrales, la lumière naturelle constituent la matière première de mon travail. Ils sont les points d’entrée d’une réflexion plus intérieure, où le visible devient le seuil de l’invisible.

Chaque tableau est issu d’un processus d’introspection. Il ne s’agit pas de raconter une histoire ni de livrer un message, mais de créer un espace de résonance. La peinture devient alors un lieu de passage, où le regard peut se poser, ralentir, et se reconnaître sans être guidé.

La couleur est mon langage central. Elle structure l’espace, porte l’émotion et engage le corps du spectateur. Je ne cherche pas l’effet, mais la justesse : une harmonie qui se construit par couches successives, par retraits, par silences autant que par présences.

La matière est travaillée comme une mémoire. Certaines zones sont denses, d’autres volontairement laissées ouvertes, presque inachevées, afin de laisser respirer le regard. Cette tension entre plein et vide participe de l’équilibre du tableau.

J’intègre parfois de la feuille d’or, utilisée avec retenue. Elle n’est jamais décorative. Elle agit comme un point de lumière intérieure, une trace du sacré discret que portent les gestes ordinaires. L’or capte la lumière, mais surtout le temps : il révèle ce qui persiste.

La figure humaine, lorsqu’elle apparaît, est souvent vue de dos ou partiellement. Ce choix n’est pas esthétique mais symbolique : il permet au spectateur de prendre place dans l’œuvre. La figure devient un seuil, non un sujet.

Mon travail s’inscrit dans une démarche de transmission silencieuse. Les tableaux sont pensés pour être vus dans des lieux de vie, de passage, de contemplation — restaurants, villages, lieux patrimoniaux — afin que la rencontre avec l’art se fasse sans injonction, naturellement.

Peindre, pour moi, n’est pas produire des images.
C’est habiter la lumière, et proposer à chacun un espace où se déposer.